Virée au Ranč Málkov : 14/15 avril 2012

Après Aline en Octobre, voici Fanny son alter égo (n’oublions pas qu’elles ont toutes les deux fait un voyage Clermont Ferrant/Slovénie en compagnie de leurs 3 chevaux qui débarque en Česká republika pour quelques jours de vacances entre deux partiels (elle est en médecine) alors bien évidemment que faire hormis l’emmener au travers des Terres de Bohême Centrale ?

Malgré une météo pessimiste, nous voici donc partis samedi matin, sans peur et tout joyeux, trépidant à l’idée de cette nouvelle petite aventure. Les chevaux sont eux aussi tout crétins, disons qu’encore plus que d’habitude, ce qui n’est pas peu dire ! Astor folâtre comme un poulain : la rando’ il adoooore, yesss !

Nous voici donc partis, Solopisky est derrière nous, la découverte de paysages inconnus devant… Au vu du temps, hum d’un Avril-ne-te-découvre-pas-d’un-fil, j’ai dégotté une suuuublime veste imperméable qui va à ravir à Miss Fanny, veste provenant d’un surplus militaire et de la poste anglaise… Why not ! Enfin au moins il est certain que nous ne perdrons pas notre Auvergnate, aucune chance !

Et donc lorsqu’on dit que Mister Astor folâtre c’est qu’en fait… Il fait le débile n’est-ce pas ! Mais Fanny demeure de marbre et les kilomètres s’enchainent rapidement.

Nous passons au pied du château de Karlštejn, notre bijou d’architecture gothique, dixit les guides, et pensons tranquillement enchainer par un tracé balisé qui devrait nous emmener hors de la « civilisation », cependant comme il faut un zeste de piment à l’idée de mettre un pied hors de chez soi, il n’en est rien… Le balisage vert après quelques centaines de mètres, disparait corps et bien et nous dépose dans une impasse puisqu’en lieu et place de notre bucolique petit sentier un golf est apparu Certes il existait déjà sur notre carte obsolète (mais la seule qu’on puisse trouver) toutefois il cohabitait avec le balisage. A présent plus de chemin mais un green… Glups…

Que faire ? Continuer en faisant un détour terrible par une route nationale déprimante… Ou bien passer au travers du golf par les jolies routes parfaitement aménagées… Comme vous l’imaginez sans peine, nous avons unanimement opté pour l’option n°2 Au loin, là-bas, on aperçoit encore le château…

Bien évidemment après quelques centaines de mètres, nous nous faisons intercepter par le responsable tout affolé qui nous course poursuite avec sa mini voiture. Après explications et blabla et comme de toute façon nous voici bien trop engagés dans la traversée, nous finissons sagement notre visite VIP, sans même déranger un tournois (chuuuut !) ni même déposer un popo, la graaande classe !

Les golfeurs sont juste sidérés et restent leur club à la main, hébétés mais… Ravis Bah ce n’est pas tous les jours qu’ils voient 5 chevaux traverser nonchalamment leur étendue d’herbasse chimique !
Bref l’option s’est donc avérée excellente, et nous pouvons continuer notre route en cherchant une aire de pique-nique, car il commence à faire faim !
Comme vous le voyez vaguement sur les photos, le golf s’est étendu sur toute la colline, bloquant tout passage…

Enfin nous faisons une salutaire halte pique-nique dans une prairie verdoyante où sandwiches, œufs durs, muffins chocolat-noisette et café sont plus que bienvenus.
Ca y est sandwiches, café et muffins sont engloutis et nous reprenons notre route heureusement restaurés et reposés, quoique un brin somnolant… Serait-ce l’heure de la sieste ?

Tant pis pas de sieste mais un départ ramolli pour toute la petite troupe. Avec Fanny nous marchons en discutant mollement, Astor et Pégous nous suivant en dodelinant de la tête… Et là, soudain (nous voici abordant la séquence « Choc » puisqu’il en faut une !) déboulant d’on ne sait où, 3 kg de canidé hurlant, jaillit derrière les jarrets de nos deux endormis, les tirant brutalement de leur somnolence. Astor bien justement surnommé le Tracteur des Alpes, sursaute en pirouette et me fauche comme une brindille ! Booon les mamies ne rebondissant plus comme dans leurs vertes années, mémère s’écrase comme une bouse, damned, et en sera quitte pour une épaule « attendrie » et un mollet qui s’ornera peu à peu d’une magnifique carte de l’ex URSS. Au fil du temps on verra clairement le lac Baikal ressortir dans un superbe jaune, tandis que les monts de l’Altai se découpent dans un violet soutenu : quel magnifique hématome que voilà lo !

Mais bon une dose d’arnica dans les bajoues, mémère propulsée sur son Pégous et l’Aventure continue.

Le temps malgré toutes les prédictions, s’avère extra avec un soleil qui nous fait sortir les Ray Ban. Nous traversons de jolies forêts où les feuillages promettent le printemps, et chacun se détend. Fanny sur son Blond des Alpes peut même oublier ses cours de parasitologie. Mémère, une papatte en moins reste néanmoins toute contente, à croire que l’arnica aurait des vertus euphorisantes ! Vincent poursuit sa carrière de cameraman, au milieu de paysages doucement vallonnés.

Les chemins sont agréablement roulants, tout cela n’est que du bonheur. Derrière la colline, là-bas, devrait se trouver notre gite… Et… En effet… Vers 17h45 voici que surgit notre but de sortie et hébergement : le Ranč Málkov (prononcer « ranch » )
C’est une heureuse surprise Les chevaux sont lâchés dans une immense prairie idéalement clôturée, ils auront foin à volonté (« juste » 3 rounds à leur disposition) eau et copains à terroriser de l’autre côté de la clôture électrique.

Nos selles et autres matos sont bouclés à clef dans une belle sellerie et nous, nous renonçons tout subitement à une nuit prévue sous tipi… Au vu du froid et de la pluie qui se préparent nous préférons un vrai appartement tout confort. Bah on est chochotte et on l’assume.

Ce soir-là une soirée country est prévue et nous voici bientôt attablés devant un pantagruélique repas (galettes de pommes de terre ou bramboràky, steak cuit au feu de bois, palačinky en dessert) sirotant une bière au son de la musique country dans une ambiance étrangement « fin fond du Montana »  Trop trop chouette !

Mais bon ne rêvons pas la rando’ ce n’est pas à la portée de tout l’monde… il faut un entrainement stomacal et une capacité à engloutir pintes de bière et crêpes au chocolat-crème fraiche qui ne s’obtient qu’après un looong entrainement Ehhh oui la rando’ ce n’est pas facile !

Enfin nous nous traînons jusque dans nos lits pour une nuit bien douillette…

Après une nuit confortablement reposante et un p’tit dej’ reconstituant, à la hauteur du dîner de la veille certes la bière en moins… Nous pansons activement nos fougueux destriers… Hum disons nos Gros qui ont bien profité de leur nuit, sellons et nous voici partis sous une petite pluie froide qui bah ne nous gâchera même pas le plaisir de cette sortie.

Et voilà le Ranč Málkov est derrière nous, mais qui sait peut-être au vu de l’accueil, y retournerons-nous ?

Nos jeunes se sont échangés leurs montures et Fanny doté du cheval-aide-cameraman a logiquement, aussi hérité du caméscope. Stimulé par le « fresh air » notre Tracteur Alpin est tout joyeux et là-bas mémère se traine sur son Pégous transformé en brancardier.
Nous avons 35 kms à faire par des chemins sympatoches, même sous la pluie.

Et puis il est déjà l’heure du pique-nique (cake salé, terrine de thon, muffins et barres de céréales maison… la vie est diablement rude en rando’ )
L’estomac confortablement lesté, nous repartons allégrement, mémère toujours clopinante, Pégous faisant office de déambulateur. Nous contournons le château de Karlštejn dont on aperçoit la plus haute tour, tout au loin dans la brume. Vincent filme encore et toujours, nous promettant une vidéo haute en couleur.

Nous passons au pied du château, traversant le village aux multiples échoppes débordantes de souvenirs made in China, et créant l’évènement parmi les touristes. Cependant, une fois n’est pas coutume nous ne nous faisons pas insulter par les boutiquiers et pouvons sortir du village aussi agréablement que nous y sommes entrés. Ouf ! Nous retrouvons chemins et forêts qui nous ramèneront à la maison.

Voilà déjà Solopisky, sous la pluie qui tombe drue. Nous sommes trempés mais qu’importe !
Pour les ultimes mètres, Fanny se laisse même tenter par le test d’un Bibi Poilu, ce qui sera son baptême sur Irish Cob.

Et ça y est… L’aventure est déjà finie, chevaux et cavaliers sont revenus plus heureux et plus en forme qu’au départ en n’ayant qu’une hâte, repartir bien évidemment.